Les Pieds sur Terre est une entreprise engagée dans la transition écologique à travers la valorisation des biodéchets. Créée en 2021 par Anne-Sophie Bréhin et Maxime Hautbois, cette structure implantée en Mayenne propose des solutions concrètes pour transformer les biodéchets en compost de qualité, au service de l’agriculture locale. Entre collecte optimisée, collaborations avec les restaurateurs et soutien aux agriculteurs, Les Pieds sur Terre innove et sensibilise pour une économie circulaire respectueuse de l’environnement. Dans cette interview, découvrez leur modèle d’entreprise, les défis qu’ils relèvent et leur vision pour l’avenir.
Pouvez-vous vous présenter et nous parler de l’entreprise Les Pieds sur Terre ?
Anne-Sophie Bréhin : Bonjour, je suis Anne-Sophie Bréhin, cofondatrice et dirigeante de l’entreprise Les Pieds sur Terre. Nous sommes une entreprise créée en 2021, basée en Mayenne, et nous œuvrons pour la valorisation des biodéchets. Notre mission consiste à collecter, composter et transformer ces déchets en ressources utiles pour l’agriculture locale, tout en sensibilisant les professionnels à ces enjeux.
Comment est née l’idée de créer Les Pieds sur Terre ?
A.S.B. : L’idée a germé après avoir visionné un reportage sur la valorisation des biodéchets. Avec mon associé, nous avons pris conscience qu’il y avait un réel manque de solutions pour les professionnels au niveau national. Nous avons également constaté que certains agriculteurs devaient se fournir en compost à plusieurs centaines de kilomètres, alors que les biodéchets locaux pourraient répondre à leurs besoins. Cette observation, combinée à notre rencontre avec l’association Compost in situ, nous a poussés à lancer une solution adaptée aux spécificités de notre territoire.
Quels défis avez-vous rencontrés en lançant l’entreprise ?
A.S.B. : Nous n’avions aucune expérience entrepreneuriale au départ, ce qui a été un premier défi. De plus, bien que le compostage domestique soit utile, passer à une échelle industrielle implique d’acquérir des compétences spécifiques. Nous avons aussi dû partir de zéro pour développer un modèle adapté à notre territoire et sensibiliser les différents acteurs concernés.
Pourquoi vous concentrez-vous sur la collecte des biodéchets dans la restauration ?
A.S.B. : Le secteur de la restauration représente les plus gros volumes de biodéchets dans un cadre professionnel, avec parfois des dizaines de tonnes par an pour des restaurants avec d’importantes capacités. Ces professionnels découvrent souvent avec appréhension l’obligation de trier et valoriser leurs déchets. Nous leur proposons une solution clé en main, qui leur épargne la gestion technique du compostage tout en répondant à leurs obligations réglementaires.
Comment fonctionne votre modèle de collecte et de valorisation ?
A.S.B. : Nous commençons par un diagnostic sur site pour évaluer les besoins et sensibiliser le personnel au tri des biodéchets. Nous fournissons ensuite le matériel nécessaire et organisons une collecte à une fréquence adaptée. Une fois collectés, les biodéchets sont acheminés vers notre plateforme de compostage où ils sont transformés en compost de qualité, utilisé par des agriculteurs locaux.

Quels retours recevez-vous de vos partenaires restaurateurs ?
A.S.B. : Les retours sont très positifs. Nos partenaires apprécient notre suivi rigoureux, notamment sur la qualité du tri, et voient également une réduction de leurs volumes de biodéchets au fil du temps grâce à une meilleure gestion. Certains ont réduit leur production de 15 à 20 % en une année, sans diminution de leurs résultats.
En quoi votre solution contribue-t-elle à réduire l’empreinte carbone ?
A.S.B. : Tout d’abord, nous évitons que les biodéchets finissent à l’incinération, ce qui est énergivore et peu efficient pour une matière composée à 80% d’eau. Ensuite, en optimisant nos fréquences de collecte et en stabilisant la matière chez nos clients, nous réduisons les trajets et les émissions associées.
Comment travaillez-vous avec les agriculteurs ?
A.S.B. : Nous collaborons avec une dizaine d’agriculteurs locaux, principalement en agriculture biologique. Ils viennent chercher le compost directement sur notre plateforme et l’utilisent en fonction de leurs besoins. Ce partenariat permet de valoriser les ressources localement et de répondre aux besoins des sols de manière durable.
Quelles sont les ambitions de Les Pieds sur Terre pour l’avenir ?
A.S.B. : Nous souhaitons élargir notre activité en proposant des solutions complémentaires pour les biodéchets emballés et les végétaux issus des activités de paysagisme. Nous prévoyons également de moderniser notre flotte de collecte avec des véhicules propres et d’intégrer davantage l’économie sociale et solidaire dans notre modèle, notamment en recrutant des personnes en situation de handicap.
Quels messages souhaitez-vous adresser aux professionnels encore hésitants ?
A.S.B. : Nous comprenons que tout changement peut faire peur, mais nos solutions sont pensées pour être simples et efficaces. Nos partenaires actuels en tirent une grande fierté, car ils s’inscrivent dans un écosystème local vertueux, où les biodéchets revalorisés profitent directement à l’agriculture de proximité.

